Le bâtiment, un pollueur à outrance ?

Le secteur du Bâtiment, un pollueur à outrance ?
227.5 millions de tonnes de résidus polluants seraient les 75% de déchets produits par le secteur du bâtiment. Les activités liées aux chantiers du bâtiment et des travaux publics polluent incontestablement l’air.

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Les travaux prennent aujourd’hui une place capitale dans la société. En France, que ce soit des grandes entreprises, des PME, des TPE ou encore des artisans, le secteur du bâtiment représente à lui seul plus de 300 000 entreprises avec à son actif plus de 900 000 salariés. Bien qu’il ait une valeur économique primordiale pour le pays, la réalisation des chantiers est cependant contraignante d’un point de vue environnemental. (qualité de l’air, quota d’émission à ne pas dépasser, nuisance sonore, production de déchets etc…)

Le secteur du bâtiment, trop pollueur ?

Le BTP est connu comme étant un véritable pollueur. En quelques chiffres, environ 45% de la consommation énergétique, et 27% des émissions de CO2 lui ont été attribués en 2018. Mais pourquoi le PBT pollue-t-il autant ? Découvrons quels sont les facteurs responsables de son impact environnemental.

Pollution liée aux chantiers

De nature, les chantiers polluent. Dans un premier temps, les travaux de chantier sont réellement énergivores. En plus de produire de multiples déchets, le BTP consomme à lui seul environ 36% de l’énergie finale. Pour rappel, l’énergie finale est l’ensemble des énergies prêtes à l’emploi pour la finalité. Par exemple l’essence sans plomb, l’électricité etc…

En parallèle, les chantiers consomment une grande quantité d’eau. Economiser, n’est pas encore un réflexe acquis. Les activités du chantier du BTP favorisent la pollution de l’air : particules fines, composés organiques, poussières. Durant tout le processus de construction d’un bâtiment, des substances chimiques sont perpétuellement émises dans l’air.

Deux grandes catégories de polluants atmosphériques existent : les gaz et les particules.

Parmi les principaux gaz émis sur les chantiers nous retrouvons :

  • Monoxyde de carbone (CO)
  • Oxydes d’azote (NOx), notamment le dioxyde d’azote (NO2)
  • Oxydes de soufre (SOx)
  • Composés organiques volatils (COV)
  • Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)

(source : ademe.fr)

Toutes ces activités ne sont pas sans conséquence pour la préservation de l’environnement mais aussi de la santé humaine.

Pollution atmosphérique, des dangers pour la santé

Les répercussions sur la santé humaine sont d’autant plus préoccupantes. Selon l’OMS (Office Mondial de la Santé), la pollution de l’air peut causer à long terme des problèmes respiratoires, des accidents vasculaires cérébraux voire un cancer du poumon. En 2013, le Centre International de recherche sur le cancer (CIRC), démontre que la pollution de l’air extérieur est carcinogène. Une corrélation a même été constatée entre la pollution atmosphérique et l’augmentation du nombre de cancers des voies urinaires et de la vessie.

Selon l’étude européenne CAFE (Clean Air For Europe), 48 000 décès par an sont estimés en France dû à la qualité de l’air et les émissions polluantes des chantiers du BTP.

L’impact carbone du bâtiment

L’empreinte carbone du secteur de la construction est très impactante. De la production des matériaux, aux transports des produits, en passant par la consommation de carburant, tout le processus représente à lui seul 23% de notre impact. En parallèle, l’empreinte carbone d’un chantier par exemple, se voit encore tributaire des énergies fossiles.

Dû à leur utilisation massive, 3 principaux matériaux de construction sont responsables de l’impact environnemental : ciment, béton armé et aluminium. L’industrie française du ciment produit environ 2.9% des émissions de dioxyde de carbone soit 6% à l’échelle mondiale.

À titre d’exemple, un matériau comme le béton est majoritairement utilisé par les bâtiments. Son utilité est très appréciée puisqu’il résiste à la compression et à la traction. Mais comment mesurer l’empreinte écologique d’un bâtiment ? La réponse est simple.

C’est en regroupant toutes les énergies dépensées et consommées en passant de la création du produit à son recyclage en fin de vie. On parle souvent d’énergie grise pour témoigner de l’impact environnemental du produit en question. Cette énergie ne se voit pas et est incluse dans le matériau. Aujourd’hui peu de constructeurs prennent l’initiative de mesurer l’énergie grise.

Quelles sont les étapes à prendre en compte pour mesurer l’énergie grise ? 

  • La conception du produit ou du matériau 
  • L’extraction des matières premières 
  • Le transports des matières premières
  • La transformation des matières premières et la fabrication du produit fini
  • Durant la commercialisation du service
  • La mise en oeuvre du matériau 
  • Le recyclage du produit 

Si aujourd’hui les objectifs tendent vers la construction de bâtiments plus respectueux de l’environnement, il n’empêche que tant que les phases de production se font à l’autre bout de monde, les émissions de gaz à effet de serre seront donc toujours aussi conséquentes.

BTP : les enjeux environnementaux des chantiers publics

Actuellement, le gouvernement reconsidère les défis environnementaux auxquels il faut faire face. De nombreux objectifs sont fixés, afin de rendre ses opérations plus éco-responsables. Ainsi, l’écoconstruction fait aujourd’hui partie intégrante d’un enjeu crucial pour les professionnels du BTP.

Quelles sont les bonnes pratiques environnementales ?

Tout d’abord, dans le cadre des chantiers, de nombreux facteurs environnementaux sont à prendre en considération 

  • Gestion des ressources en eau
  • Protection du milieu naturel
  • Emission de gaz à effet de serre
  • Consommation énergétique

En effet, le secteur du BTP tient à adopter des infrastructures plus éco-responsables. Pour cela de nombreuses solutions innovantes ont été projetées.

Engins plus innovants :

Les acteurs des travaux publics décident d’employer des méthodes à moindre coûts énergétiques mais également moins de dépendance aux énergies fossiles. Afin de répondre à cet objectif, les professionnels s’appuient sur des innovations techniques.

Nous pouvons par exemple citer Volvo Penta France ( fournisseur mondial de solution de motorisation avant-gardiste). Celui-ci décide de s’équiper d’un système post-traitement des gaz d’échappement EATS pour réduire les émissions.

Choix de matériaux écologiques :

Avez-vous déjà entendu parler des “ Biomatériaux ” ?

En faveur de la protection de l’environnement, le BTP s’oriente vers une décarbonisation du secteur du bâtiment. Pour ce faire, l’innovation progresse en optant pour des matériaux de construction de moins en moins polluants. 

  • briques recyclables 
  • ciment avec verre recyclé 
  • aérogels isolants 
  • peintures thermorégulantes 

Pour les chantiers verts, de nombreux matériaux écologiques en construction sont généralement recyclables et durables, tout en consommant peu d’énergie. De plus, ceux-ci n’affectent pas la santé des ouvriers. 

Un autre matériau à ne pas négliger : le bois. Celui-ci permet une construction écologique grâce à sa durabilité et ses performances thermiques. Le chantier de bois, contrairement au chantier de béton, émet des déchets réutilisables dans plusieurs domaines. (En plus de ne pas polluer) !

Ces actions limitent non seulement les dangers environnementaux mais en plus, ils évitent la pollution des sols également.

Le secteur du bâtiment et la gestion des déchets :

Pour limiter l’impact environnemental d’un chantier, il est essentiel de prendre en compte la gestion des déchets. Un site de tri doit être mis en œuvre en fonction des déchets : déchets inertes, dangereux, non dangereux.. Il est primordial que ceux-ci ne soient pas jetés dans la nature. 

Limitation de la consommation d’énergie et d’eau :

La consommation d’énergie sur un chantier est également responsable de l’impact environnemental. Pour optimiser l’éclairage, l’utilisation des LED basse consommation est tout à fait une solution écologique. Pour ce qui est de l’eau, plusieurs initiatives sont possibles : 

  • Récupérer l’eau de pluie avec des citernes 
  • Récupérer l’eau de lavage après décantation 
  • Contrôler régulièrement les compteurs d’eau pour surveiller les risques de surconsommation 

Pour atteindre l’objectif neutralité carbone, de nombreuses lois autour de la construction se mettent progressivement en place.

Quelles nouvelles lois pour le bâtiment ?

Malheureusement dans le secteur du BTP, de nombreux décès surviennent suite à des accidents du travail. Nous citons « un décès tous les quatre jours, un accident toutes les deux minutes, un employé sur dix-huit qui en est victime, chaque année », présente Paul Duphil, secrétaire général de l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics. 

Passeport de prévention

Ces terribles nouvelles ont engendré la création d’un passeport de prévention obligatoire, à compter du 1er octobre 2022. Chaque employeur devra renseigner, pour chacun de leur salarié, les attestations, certificats et diplômes obtenus sur le thème de la santé et la sécurité au travail. 

PEMD pour la filière du BTP :

Faisant suite à la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire dès janvier 2022, le diagnostic produits, équipements, matériaux, et déchets (PEMD) s’appliquera à toutes les démolitions / rénovations de bâtiments de plus de 1 000 m 2 de surfaces de plancher.

Aussi, les bâtiments contenant une ou plusieurs substances dangereuses. Créé par la loi AGEC, ce procédé oblige le maître d’ouvrage à caractériser le nombre de déchets selon le type de matériaux, et identifier les filières locales de valorisation.

Cette loi est optimisée pour une meilleure gestion des déchets, et un processus plus respectueux de l’environnement. 

L’obligation de transmissions des informations de consommation énergétique :

En parallèle, les nouveaux textes réglementaires du 30 septembre 2021, actent l’obligation de transmission des informations de consommation énergétique des locaux tertiaires. Une initiative appréciée par Philippe Pelletier, président du Plan bâtiment durable.

Nous citons : “ Il était clairement établi que, compte tenu de la date à laquelle les premiers textes étaient parus, et des perturbations liées à la crise sanitaire, les sociétés ou établissements publics concernés n’avaient pas eu assez de temps pour s’approprier le contenu des textes” affirme t-il. (Source : Batiactu.)

“ Il fallait du temps pour renseigner cette base de données. Ce temps est alloué par ce texte. C’est un très bon signal quant au fait que la concertation continue de fonctionner, et continuera. Il y aura sans doute d’autres ajustements qui interviendront.”

Vous l’aurez donc compris, le secteur du bâtiment tend à promouvoir un service plus vert et durable. De nombreux matériaux seront remplacés, une meilleure gestion des ressources est prévue, et bien évidemment, prévoir toutes les solutions nécessaires pour moins dépendre des énergies fossiles. 

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